Le mentorat, c’est quoi? Comment réussir son expérience de mentorat? Quel est l’état d’esprit du mentor? du mentoré? Comment fixer l’objectif du mentorat?

A la demande de Work in the City, une association professionnelle francophone de Johannesburg, qui nous a tout simplement posé la question : Comment réussir son expérience de mentorat? Je vous propose donc de partager un moment de réflexion autour du mentorat.

Le mentorat, c’est quoi?

Le mentorat est une relation d‘accompagnement entre une personne expérimentée et une personne moins expérimentée, autour d’un sujet professionnel apporté par cette dernière.

Le mentorat, pour quoi faire?

Les contextes sont multiples. Créer un duo de mentor/mentoré peut avoir différents objectifs :

C’est pour qui ?

Pour tous! Chacun de nous a besoin d’un moment de réflexion, reprise de recul, d’ouverture, de discussion libre et confidentielle. Dirigeant, futur leader, chef d’équipe, nouveau manager, nouvelle recrue, expatrié… Le mentorat est toujours un plus très significatif.

La sagesse n’attend pas toujours le nombre des années.

J’aimerai tout de suite clarifier une idée reçue : une personne expérimentée peut être plus jeune en âge qu’une personne moins expérimentée sur un sujet. Prenons un cas devenu classique de reversed mentorat : les réseaux sociaux. Il n’est pas rare (pour le dire avec gentillesse) qu’une personne plus jeune voire beaucoup plus jeune, et donc digital native, soit beaucoup plus expérimentée que ma génération (et quelques autres) dans le domaine du digital. C’est parfois le cas aussi sur l’entrepreneuriat ou sur l’engagement sociétal ou environnemental. Gardons nous donc de penser que mentor rime avec vieux sage… (je sais, cela ne rime pas).

Bienveillance, Partage, Autonomie : Trois caractéristiques fortes pour réussir son expérience de mentorat

Le mentorat est une relation avec des caractéristiques fortes, qui la rendent unique :

Bienveillante : la relation de mentorat est bienveillante, en ce qu’elle accepte l’autre comme il est, sans désir de le juger ou de le changer. Cette bienveillance sans jugement va bien sûr de pair avec une capacité à pointer une limitation, à exprimer une réserve, toujours avec tact et respect.

Partage d’expérience : le ou la mentor, expérimenté dans son sujet, fait bénéficier le mentoré de quelques expériences personnelles, apportant du réalisme et du vécu pour nourrir la réflexion, en prenant soin de parler des résultats et du contexte. Parfois, partager un échec est très éclairant.

Laissant l’autonomie au mentoré : le mentor prend soin de laisser la main au mentoré, qui est bien le seul expert de sa situation. Lui/elle-seule en effet connait les tenants et aboutissants et peut choisir la ou les solutions les plus pertinentes pour avancer dans ses projets. Le rôle du mentor est donc d’ouvrir le champ des possibles, en aucun cas de forcer une décision.

Deux ou trois rôles principaux

Dans cette relation de mentorat, il y a donc deux rôles principaux :

Le mentoré / la mentorée : qui apporte son sujet et garde à tout moment les manettes -la capacité d’action et de décision – tout en se montrant ouvert, transparent et confiant afin de tirer le maximum de l’échange,

Le mentor / la mentor : qui apporte son expertise, son expérience, et aussi une capacité à questionner, à prendre du recul, à ouvrir de nouvelles perspectives.

Parfois, un tiers est aussi partie prenante, l’organisateur du réseau de mentorat, qui initie la relation, fait le matching et s’assure du déroulé des opérations. Pour l’organisateur, pour l’avoir été et avoir tâtonné à la recherche d’un modèle pertinent, il me semble que les pratiques intéressantes tournent autour de la réflexion sur le matching des duos Mentor/Mentoré, sur le suivi à la fois léger et présent, la tenue du cadre global et l’organisation d’une conclusion. Ce sera le sujet d’un autre article – à suivre -.

Cinq suggestions pour réussir son expérience de mentorat

Les voici :

1. L’objectif est discuté et fixé entre mentoré et mentor. C’est au mentoré de l’apporter et notre suggestion est de s’assurer d’un objectif SMART : Simple, Mesurable, Atteignable, Réaliste et limité dans le Temps. Une bonne idée serait d’ajouter : formulé de façon positive et sur lequel le mentoré a le pouvoir d’agir. Il est en effet inutile de discuter d’un sujet que vous ne pouvez pas faire évoluer.

2. La régularité est un facteur de succès, au moins une rencontre par mois, pour garder le rythme et donner une certaine dynamique à ce travail.

3. Le lieu choisi sera propice à une discussion calme, à la concentration et à la confidentialité,

4. La confidentialité est un point clef, ce qui se dit et s’élabore est confidentiel, la liberté de partager en revient au mentoré, le mentor s’engage à ne rien dévoiler.

5. Le travail : l’idée est pour le mentoré de s’engager à réaliser quelques actions simples à la fin de chaque séance. un point essentiel pour rendre cette relation efficace et concrète.

Conclure : Exprimer sa Gratitude pour cette relation de mentorat

Notre dernier point, trop souvent oublié est la conclusion de la relation de mentorat.

Nous l’avons vu, il y a un début et une fin. La fin se concrétise par une réunion de clôture. Et ce sera l’occasion à chacun de faire le point sur ses acquis, les faits saillants, les points de satisfaction. « Gratitude mutuelle » est ma recommandation pour ce moment. Et croyez-en mon expérience, le mentor/la mentor a souvent autant de sujets de satisfaction que le mentoré / la mentorée. Essayez ! Vous verrez !

A propos de l’auteur, Stéphanie Daudier

J’ai été initiée au mentorat au cours de ma carrière de manager en tant que mentor de potentiels non français, rejoignant le siège d’un groupe global à forte culture. Plus tard, expatriée au Japon, j’ai rejoint Femmes Actives Japon et codirigé le réseau de mentorat de ce network professionnel francophone. Avec le grand plaisir de co-orchestrer le travail d’une vingtaine de duos mentor/mentoré.

Cette expérience m’a ouvert les yeux sur la relation d’accompagnement dans le monde professionnel. Et cela m’a en quelque sorte montré la voie vers mon métier de coeur d’executive coach et de business sparring partner.

Gratitude

Merci à Madga Jagielski et Alice Kibe-Crenn mes complices Mentorat chez Femmes Actives Japon, et à Frédérique Martinez de Work in the City, Johannesburg pour cette jolie question.

Merci aussi à Sacha Schwarz pour l’illustration originale de cet article.

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Expatriés / Deux Associations pro :

Work in the city à Johannesburg, Afrique du Sud.

Femmes Actives Japon à Tokyo, Japon.

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